Communiqués de presse
Après la conférence de Londres, il est de plus en plus urgent que l’UE joue tout son rôle afin de renforcer la cohésion internationale sur la Libye.
30 mars 2011
La conférence de Londres sur la Libye a conduit à renforcer le rôle de l’OTAN dans l’application de la résolution 1973 sans permettre d’impliquer davantage l’Afrique. Cette réunion a donc été une occasion manquée pour l’Europe, qui n’a réussi ni à renforcer la cohésion internationale ni à compléter l’intervention militaire par un volet politique.
Occasion manquée pour la diplomatie européenne qui aurait pourtant un rôle important à jouer pour associer pleinement les pays africains à la résolution de la crise libyenne. Pas plus qu’à la réunion de Paris du 19 mars, l’Union africaine n’était présente et seuls deux pays africains ont participé à cette réunion, la Tunisie et le Maroc (ce dernier n’étant pas membre de l’union africaine). Surtout, alors que l’UA a entrepris un processus de médiation sous l’égide de cinq de ses membres (Afrique du Sud, Congo, Mauritanie, Mali, Ouganda), cette initiative est ignorée du « Groupe de Contact » réuni à Londres.
Occasion manquée aussi pour l’Europe de la défense. En effet, la réunion de Londres a consacré le rôle du Conseil de l’Atlantique Nord (i.e. la réunion des ministres des affaires étrangères des pays membres de l’OTAN), comme instance de pilotage politique des opérations militaires. Il ne s’agit donc pas seulement de s’appuyer sur les capacités de commandement opérationnel de l’OTAN, qualifiées de « machinerie » par Nicolas Sarkozy pour en minimiser l’importance, mais bel et bien de confier la responsabilité politique de l’opération à l’OTAN.
Il est donc urgent que l’Europe devienne enfin active sur le dossier libyen, en premier lieu, pour renouer les fils distendus entre le Groupe de Contact et l’union africaine et ainsi renforcer la cohésion internationale autour de la résolution de cette crise. Alors que l’OTAN doit prendre le commandement des opérations d’imposition de la zone d’interdiction aérienne ce jeudi, il est également urgent que l’UE passe elle-même à l’action en adoptant son concept d’opération d’aide humanitaire.
Marielle de Sarnez, Députée européenne Vice-présidente du Mouvement Démocrate.


